N°135

Dossier : Arcanes de la haine, Racisme et cætera...

Des paradoxes de l’égalité xénophobe à l’altération raciste

par Piero-D. GALLORO Professeur de sociologie, Laboratoire 2L2S - Université de Lorraine

La xénophobie et le racisme ont en commun une relation à l’Autre basée sur le rejet. Les dictionnaires s’accordent pour mettre en avant l’idée que la première est une manifestation hostile à l’égard des étrangers tandis que le racisme s’appuie sur des croyances qui établissent une hiérarchie entre les races et les ethnies. Bien que les travaux universitaires anglo-saxons sur ces questions aient permis de voir émerger des réflexions sous forme d’articles scientifiques, d’ouvrages et des supports d’échanges comme des revues spécialisées [1] , force est de constater que les travaux en France restent encore clairsemés (Garneau et Giraudo-Baujeu, 2018). Nonobstant, les études existantes sont parvenues à montrer que dans les deux cas il s’agit de phénomènes systémiques (De Rudder et alii, 2019 ; Essed, 2001) et construits (Balibar, 2005) en lien avec des imaginaires spécifiques (Demeure, 2016 ; Bruckner, 2017). Si l’usage profane tend à substituer de manière indifférenciée un terme à l’autre, Albert Memmi différenciait la dimension violente et politique propre à l’idée raciste de la notion de xénophobie à ses yeux plus diffuse et, dans une certaine mesure, moins radicale. Nous nous proposons de montrer à partir d’une approche socio-historique en quoi cette différence existe en partant, paradoxalement dans les deux cas, de l’idée d’égalité.

La peur de l’Autre ou les paradoxes de l’égalité

Campagne antisémite de l'Action Francaise années 1930
Campagne antisémite de l’Action Francaise années 1930

De construction récente – puisqu’il émerge sous la plume d’Anatole France vers 1900 – le terme xénophobie permet de supposer que le rejet de l’étranger (Xenos) se fait par crainte (phobie) (Villard, 1984). La question est donc de savoir quels sont ces effrois qui poussent à se déchaîner contre une catégorie ou un groupe social. Il est presque unanimement admis par les observateurs que cette peur est générée par les différences entre les populations en contact et inter-agissantes. Il s’avère que cette constatation n’a rien d’une évidence sauf à accepter de réduire la différence avec les étrangers à la seule base nationale. C’est en partie vrai lorsque l’étranger est un immigré mais insuffisant néanmoins pour expliquer le rejet sauf à considérer que ce qui effraye le plus ce n’est pas la distance catégorielle mais bel et bien la proximité entre individus et groupes en confrontation.
Pour tenter de répondre à cette interrogation sur l’usage du terme à partir de critères d’effroi, l’observation sur le long terme du parcours d’étrangers – comme les Italiens rejetés des années 1880 à la Grande Guerre puis progressivement légitimés au sein de la population française – devrait permettre de dégager les mécanismes de compréhension du phénomène qui se nourrit des réalités sociales à trois niveaux.
Sur le plan macro-social, qui englobe les dimensions propres aux relations internationales et de tensions entre puissances, la peur de l’Italien avant 1914 se nourrit des alliances que leur pays a signé avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie dès 1882. Savoir que l’armée italienne et ses nouveaux alliés peuvent battre les troupes françaises, comme celles-ci l’ont été en 1870 à Sedan, n’est pas sans créer des appréhensions de voir Nice et la Savoie être confisquées à l’instar de l’Alsace-Lorraine. Cette inquiétude montre que, loin de considérer l’Italie comme une puissance négligeable, ses régiments sont estimés comme au moins aussi belliqueux que les divisions françaises avec des succès possibles. Cet état d’esprit se traduit par l’usage de termes injurieux comme Italboches (Blanc-Chaléard) ou de Crispi et qualifiés de « Roquets de la niche allemande » par Jules Jouy (1888) ou d’envahisseurs par Louis Bertrand en 1911 (Felici, 1996). A côté de cette alarme d’une armée italienne capable de rivaliser avec l’armée française, joue également l’émoi provoqué par la violence internationale. Celle-ci sévit sous les bombes de réseaux anarchistes auxquels participent des Italiens. L’un d’entre eux, Sante Geronimo Caserio, finira par assassiner en 1893 le président de la République française Sadi Carnot à Lyon. A travers lui, l’Italien représente alors la frayeur de voir l’ordre républicain disparaître sous les coups du terrorisme transnational (Ferragu, 2014).

A l’échelle meso-sociale des rapports entre groupes présents sur le territoire national, l’Italien est celui qui vient mettre à mal la laïcité du pays, ce Christos dénoncé par Jules Vallès [2] est accusé de jouer le jeu des calotins et, là encore, il est à craindre que le processus de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne soit entravé par ces éléments perturbateurs qui risquent de faire pencher la balance du côté du goupillon. D’autant plus que le mouvement ouvrier en pleine construction ne voyait pas non plus d’un bon œil la venue de ces travailleurs compétents, infatigables, qui acceptaient de travailler pour moins que l’ouvrier français et ne participaient pas aux mouvements de lutte pour obtenir des acquis sociaux. Ces « Lazzaroni gorgés d’or et de macaroni » [3] entraient en compétition directe avec la main-d’œuvre nationale à qui ils damaient le pion sur certains chantiers provoquant l’ire des travailleurs locaux : « A bas les Italiens, il faut les exterminer tous » [4] . Cette frayeur de la concurrence allait inaugurer l’image de ces Italiens venus voler le pain des Français . [5]
Enfin, au niveau des interactions individuelles, des relations microsociales, l’« Italien charmeur de filles [6] », généralement un homme célibataire jeune ou dans la force de l’âge, entrait également en concurrence sur le marché matrimonial avec les Français. L’exacerbation des passions provoquait des altercations dans les bals de villages d’où les Italiens étaient refoulés de peur qu’ils ne fassent tourner la tête des jeunes filles du cru. Dans certains cas, les prétendants éconduits par leurs cavalières au profit de ces latins allaient boire le calice de l’amertume jusqu’à la lie puisque les rapports de police montrent que là où ils pensaient rosser ces malotrus, ce sont eux qui ont mordu la poussière : « Hélas, ces princes ont le couteau facile […] ils jouent, à la nuit tombante, du stylet comme on joue à la manille ou au piquet [7] » . Il faudra deux guerres mondiales et des changements d’alliances militaires pour que la peur de l’agression cisalpine ne s’estompe. La participation des militants italiens aux luttes ouvrières, les mariages avec les veuves blanches françaises au cours de l’entre-deux-guerres (Teulières, 2002) et l’arrivée de populations plus exotiques issues des anciennes colonies ont favorisé leur promotion sociale en quelques décennies (Galloro, 2007 et 2008).
Ainsi, dans ces trois niveaux de relations, ce n’est pas la seule différence qui établit un sentiment de crainte mais bel et bien l’idée que ces étrangers sont des égaux voire de meilleurs militaires, ouvriers ou amants et que leurs idéologies (politiques ou religieuses) peuvent venir perturber l’ordre établi ou recherché. La mise à distance sociale s’opère donc sur la base d’un paradoxe propre à l’ethnicité où l’égalité est niée par l’élaboration de frontières modulables et circonstancielles, variables en termes de cibles et d’intensité selon les contextes particuliers des interactions qui s’opèrent aux trois niveaux abordés (Barth, 1969). En cela, le racisme emprunte la question de l’égalité par d’autres voies.

Le racisme comme altération de l’égalité de l’Autre

Décembre 1942 le gouvernement de Vichy impose le tampon Juif sur les cartes d' identité des Juives et Juifs
Décembre 1942 le gouvernement de Vichy impose le tampon Juif sur les cartes d’ identité des Juives et Juifs

Le racisme est une idéologie, c’est-à-dire un système d’idées et de jugements, explicite et généralement organisé, qui sert à interpréter ou justifier la situation d’un groupe et qui, s’inspirant largement de valeurs, propose une orientation précise à l’action de ce groupe (Dumont, 1963a et 1963b ; Rocher, 1995). C’est tout un système qui se met alors en place pour que l’individu finisse par croire que ce qui est produit par ce dit-système est devenu naturel. Cette idéologie de naturalisation des différences humaines finit par établir un rejet hors de l’humanité de personnes et de groupes à des fins d’exploitation (esclavage) ou d’exclusion sociale (discriminations). Dans les rapports humains, l’égalité existe malgré les différences : entre le Nous et le Non-Nous malgré les dissemblances (phénotypiques, culturelles, géographiques etc…) le lien d’égalité reste l’humanité. Dès lors que dans l’équilibre fragile Différence/Egalité sont accentuées les différences, l’égalité est mise à mal. Pour y parvenir, il a fallu procéder à un lent et subtil travail de distinction à travers un système (le racisme) qui pointe les différences et écarte soigneusement les points communs, pour justifier du traitement inégalitaire entre les individus et les groupes en établissant des incompatibilités entre humains comme si elles étaient naturelles et ensuite diffuser ces éléments par un processus (la racisation) (Guillaumin, 1972).
En ce qui concerne la mise en place d’un tel système, chez Fredrickson, paradoxalement c’est encore la notion d’égalité qui a été la condition préalable à l’apparition du racisme (Fredrickson, 2003). Ainsi tant que les sociétés ne revendiquent pas l’égalité entre les individus, le principe inégalitaire ne peut être remis en cause et la servitude ou la hiérarchie entre groupes font partie des normes sociales. Mais dès lors que le processus de promotion des idées de liberté et d’égalité est en marche et finit par être proclamé, apparaît la nécessité de justifier le maintien de personnes ou de catégories sociales en dehors des principes de liberté et d’égalité.
Pour Schaub, c’est dans l’Espagne du XIIIe siècle aux XVe-XVIIe siècles que cela émerge à travers le lignage et la généalogie qui autorisent les classements et les déclassements sociaux (Schaub, 2015). Au cours de ce premier âge du racisme, l’argument religieux servira de support/prétexte. En vertu du principe de la Limpieza de sangre, la pureté du sang, les individus sont hiérarchisés sur la base de leur appartenance à la chrétienté plus ou moins ancienne et cela servira à déclasser musulmans et juifs (Kriegel, 1983). Après la découverte du Nouveau Monde par les Espagnols et sa conquête, la servilité des Indiens des colonies ibériques d’Amérique du sud sera évaluée à l’aune de paramètres religieux et c’est dans la Bible que celle des Africains trouvera la justification d’une supposée descendance de Cham, maudit par son propre père, Noé, à être à l’origine d’une lignée d’esclaves (Saint-Lu, 1992).
Mais à partir du XVIIIe siècle, sous les coups de boutoir des démonstrations de Newton, Galilée, Copernic, les arguments religieux pour ordonner le monde s’effritent et avec eux la justification religieuse des différences. Le XIXe siècle européen industriel et expansionniste se doit de trouver une nouvelle parade à la contradiction flagrante entre d’une part les valeurs des Lumières, les incantations de liberté et d’égalité de la Révolution française, les rêves de progrès pour l’Humanité et d’autre part le colonialisme qui en prive les territoires conquis et leurs habitants (Le Cour Grandmaison, 2005). C’est alors un nouvel âge du racisme qui émerge, au cours duquel, la manipulation de la science prendra le relai en délaissant les références religieuses et en s’évertuant à apporter des preuves de l’inégalité des races humaines comme le prétendront les Arthur de Gobineau (Droit, 1990), George Montandon (Reynaud-Paligot, 2010), René Martial (Larbiou, 2005), Vacher de la Pouge (Taguieff, 2005) et autres chantres du racisme biologique derrière les apparences trompeuses d’arguties physiologiques (Ternon, 2005). Les travaux de vrais scientifiques comme Darwin seront détournés pour donner corps au darwinisme social tandis que sous l’influence de Galton influencé par Spencer se répandent les idées eugénistes qui serviront à la séparation des individus sur la base de la couleur de leur peau dans les sociétés d’apartheid (Teulie, 2015 ; Taguieff, 2007). L’eugénisme, qui prône l’amélioration des races humaines, sera également à la base des politiques d’extermination du IIIe Reich : au nom de la préservation des races pures et supérieures, il faut éliminer les races inférieures de sous-hommes (Untermenschen). En France, cette idéologie du racisme se diffuse par un processus multiforme de racisation englobant à la fois les ouvrages grand public comme le Tour de France par deux enfants d’Augustine Fouillée (Liauzu, 1999 : 65 [8]) , les sociétés savantes (Reynaud-Paligot, 2007), les encyclopédies, les expositions (Bertheleu, Galloro et Petitjean, 2018), les zoos humains (Blanchard et alii, 2011), les chansons (Ruscio, 2001), etc… tout un dispositif d’instances qui socialisent en quelque sorte l’individu – dans l’ensemble de ses activités sociales quotidiennes de la naissance à la mort – dans l’idée que les races existent et qu’elles doivent être améliorées (racisme universaliste) ou sont trop dissemblables ou arriérées pour être considérées comme égales (racisme différentialiste).

Carnet anthropométrique créé en 1912 pour surveiller Tsiganes et nomades
Carnet anthropométrique créé en 1912 pour surveiller Tsiganes et nomades

Ces deux logiques d’exclusion que sont la xénophobie et le racisme, finiront par se rencontrer de manière durable dans les années 1930 en France. Tant que les idées racisantes étaient appliquées à des populations éloignées du territoire métropolitain, elles étaient peu ou pas appliquées à l’encontre des étrangers présents dans l’Hexagone. Maurras avait beau jeu d’agonir les Métèques, il récusait le gobinisme et rejetait l’Etranger au nom d’un nationalisme exacerbé (Taguieff, 2002). Mais l’introduction progressive à partir des années 1930 d’ouvriers non européens accélérera le rapprochement entre les deux modes d’exclusion. La loi de Protection de la Main-d’œuvre Nationale de 1932 – modèle de préférence nationale qui prône l’embauche de l’ouvrier français au détriment des travailleurs étrangers – va contraindre les entreprises françaises à faire venir des ouvriers algériens (considérés comme Français) notamment dans la grande métallurgie au moment où, dans les années 1930 un auteur comme Georges Mauco hiérarchise les étrangers des plus « assimilables » (les Européens) aux moins fréquentables (les exotiques comme il l’écrivait dans sa thèse parue également en 1932). L’influence de cet auteur dépassera le champ académique puisque G. Mauco sera l’un des premiers experts sur les questions migratoires au cours des années 1930 puis, après la Libération, nommé au secrétariat général du Haut-Comité consultatif de la Famille et de la Population jusque dans les années 1970 et deviendra l’une des personnalités en charge de l’élaboration de la politique d’immigration française en assumant des préconisations en faveur d’une sélection ethnique des éléments européens plutôt que des anciennes colonies [9] (Weil, 1999). Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée massive d’une main-d’œuvre de moins en moins européenne venue des anciennes colonies achèvera d’établir un amalgame entre xénophobie et racisme à l’encontre des populations extra-européennes.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’ampleur des exactions nazies sidérera le monde à l’issue de la Seconde guerre mondiale dans un contexte de décolonisation et de mise en place de nouvelles instances de régulation internationales telles que l’Unesco. Cette dernière sera à l’origine dès 1951 de la Déclaration sur la race et les différences raciales, tentative pour discréditer le racisme et qui sera remaniée à plusieurs reprises jusque dans les années 1970. Et en 1972, paraissait en France la première loi pour sévir contre les actes racistes. Il convient sans doute de saluer ces démarches nécessaires et salutaires de lutte contre l’idéologie raciste mais en même temps de s’interroger sur leur efficience au vu de la profondeur historique d’un système vieux de plusieurs siècles. Au-delà des actes de pénalisation il s’agit avant tout de comprendre les représentations sociales construites au fil du temps pour s’y attaquer en en bloquant les mécanismes et empêcher leur reproduction.


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Piero-D. Galloro
Professeur de sociologie
Laboratoire 2L2S - Université de Lorraine

[1Notamment les revues comme Ethnic and Racial Studies de Martin Bulmer et John Solomos ou Race & Society de l’Institute of Race relations de Londres

[2VALLÈS Jules, 1883, « Chronique sur le faubourg Saint-Antoine »,La France

[3Napoléon Bonaparte, Mémoires pour servir à l’histoire de France,sous le règne de Napoléon, écrits à Sainte-Hélène, sous sa dictée,
par les généraux qui ont partagé sa captivité. Deuxième édition,disposée dans un nouvel ordre et augmentée de chapitres inédits,etc., etc.. Edition 2, Tome 3, p. 375

[4Archives Départementales de Meurthe et Moselle (ADMM),4 M 138, Rapport de gendarmerie de Liverdun du 29 juillet 1887

[5ADMM, 4 M 138, Nancy, 1er mai 1896

[6Le Gaulois, Samedi 17 février 1923

[7ADMM, 9 M 23, rapport n°11 de février 1911, Commissaire Spécial à Préfet de Meurthe-et-Moselle

[8A. Fouillée sous le pseudonyme de G. Bruno, en 1877, explique
que parmi les quatre races d’hommes, la race blanche est la plus parfaite des races humaines

[9Il sera l’auteur également d’un ouvrage paru en 1977 à la
Pensée Universelle sur « Les Etrangers en France et le problème duracisme »